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Philosophie anti-algues et dénitrateur à plantes

Voici un article qui m’était destiné, écrit par un certain Marc G. (si il se reconnaît, qu’il m’écrive, j’ai perdu son adresse).

 

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Certaines algues font partie de l'aquarium
Je sais que ce n’est pas drôle d’avoir des algues, c’est malheureusement un problème récurrent. Encore que, j’aurais tendance à considérer que les algues font partie d’un aquarium, le hic c’est quand elles mettent les plantes supérieures en danger, c’est parfaitement clair.

Donc la question est d’arriver à les affamer, sans pour autant nuire aux plantes supérieures … Simple dans l’idée mais pas si simple à réussir durablement, hélas.

Réfléchissons ensemble si tu veux bien. Affamer les algues, donc les priver autant que possible de nutriments. On pourrait envisager à première vue, de réduire l’apport de nutriments globalement. Mais les macrophytes (plantes supérieures) en pâtiraient, tôt ou tard. Sans oublier qu’il y a des sources de nutriment peu évidentes mais pourtant présentes., telles que les nitrates, les phosphates, venant de la lyse (décomposition pour faire simple) des aliments distribués aux poissons (cas fréquent : le cube de nourriture congelé que l’on jette directement dans la cuve), le contenu exact de l’eau de renouvellement, un sol privé d’oxygène et qui fermente, un sol enrichi par un fertilisant mal adapté, une filtration trop lente ou sous-dimensionnée (donc pas assez oxygénée) et qui relargue des déchets organiques, une surcharge organique, bref il y a des tas de causes possibles à un excès de nutriments dont les algues, organismes simples, donc aptes à la colonisation et équipés pour tirer parti très rapidement d’une situation qui ne serait pas favorable à un être plus complexe, sauront profiter admirablement. Admirablement, du point de vue de l’algue, pas du point de vue de l’aquariophile qui veut faire pousser autre chose lui …

Donc un élément important dans l’approche du problème : s’assurer qu’il n’y a pas dans tout le système de production anormale de nutriments favorables aux algues :

1) Dimensionner correctement la filtration et lui permettre d’être oxygénée (ne pas oublier que les bactéries nitrifiantes sont le principal consommateur d’oxygène dans l’aquarium). Proscrire par exemple les superposition de mousse bleue qui ne sont colonisées qu’en surface. Eviter aussi les systèmes à chicane, dont seul la première case est réellement efficace, les compartiments suivants étant plus souvent privés d’oxygène. Au contraire, permettre une grosse circulation d’eau dans tout le filtre, de manière à bien alimenter les colonies bactériennes utiles en oxygène (dissous) et en déchets à oxyder (à noter qu’il s’agit d’aider le filtre, pas de buller bêtement dans le bac). L’idéal est la filtration semi-humide qui oxygène beaucoup mieux mais qui sans avoir pris les précautions nécessaires fait évaporer le CO2, les gaz si précieux pour la croissance des plantes.

2) Réduire le nourrissage des poissons au strict minimum. Pas question de les affamer non plus, c’est certain, mais de toute façon on a tendance à trop nourrir.

3) Peupler chichement. Le moins de poissons, le moins de déchets.

4) Utiliser de l’eau de renouvellement irréprochable. L’eau osmosée est évidemment indiquée, associée à une reminéralisation volontaire faible et contrôlée. Bannir toute eau douteuse.

5) Vérifier le sol. On a parfois de très vilaines surprises, malheureusement toujours quand l’installation est faite. Le plus sûr reste l’emploi d’un matériau neutre (quartzite par exemple) enrichi avec le strict nécessaire (latérite tropicale purifiée). L’oxygénation du substrat par le système radiculaire des plantes ne pouvant se faire, par définition, que partiellement et trop lentement, il est certain que la micro-circulation créée par l’installation d’un cordon chauffant représente la meilleure solution pour éviter les zones anoxiques dans le substrat sans le lessiver.

6) Assurer un bon brassage dans TOUTE la cuve. Les zones d’eau stagnantes sont des usines très performantes en production de substances indésirables.

7) Retirer tout ce qui est en fin de vie ou déjà mort (si si, un cadavre peut passer inaperçu, ça arrive et les feuilles mortes, ça s’accumule dans la filtration).

8) S’assurer de la neutralité des objets de décoration. Le bois se décompose par exemple.

Ces assurance étant prises ; je veux dire quand on est sûr que les sources sournoises de nutriments ‘pour la plupart venant de la surcharge organique, on l’a vu) sont peu présentes, la lutte peut commencer.

Pour cela, voici comment j’ai procédé quand j’ai été confronté au problème. J’ai imaginé que si les algues continuaient à envahir le bac malgré tout les conseils qui précèdent, c’est que le potentiel de nutriment est encore trop élevé ; Rien de bien original en fait. Il faut donc abaisser ce potentiel jusqu’à ce que les algues ne puissent plus l’utiliser.

1) La facilité. Piéger les nitrates et phosphates. Résines anti-phosphates, dénitrateur,… Peut-être efficace à court terme mais peu satisfaisant sur une longue durée. Une réserve pour le dénitrateur, peut-être. Mais le meilleur dénitrateur, c’est un bac envahi de plante !

2) Plantation massive en plante à croissance rapide. Quand je dit « massive », je veux dire occuper tout l’espace disponible. Tant pis pour les plantes mignonnes au ras du sol, on en mettra plus tard quand l’équilibre sera atteint. Mais pour l’instant, il s’agit de gagner la guerre donc on frappe fort et longtemps. Donc Egeria densa, Hygrophila polyspema, Hygrophilat diformis, Ceratopteris thalictroides, Ceratopteris cornuta et Ceratophyllum demersum à profusion. Tant pis, la cuve aura l’air d’une forêt pendant un temps mais les algues doivent redevenir discrètes. Eliminer les individu ou les feuilles atteints, les remplacer par des sujets vigoureux. Augmenter le CO2, fertiliser (moins que prévu par le fabricant pour éviter le surdosage) quotidiennement (éléments de faible durée de vie) et toutes les semaines (éléments plus stables), boulettes enrichies à le latérite enfoncées ici et là dans le substrat. Fournir une énergie lumineuse forte de qualité spectrale complète ? Finalement aider ces plantes à consommer le plus possible de nutriments, sans les nourrir de trop. Par le suite, quand l’équilibre sera atteint, on remplacera prudemment un individu par une plante plus délicate. Tout en restant vigilant, bien sûr…

Marc

 

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Ceratophyllum demersum
Voilà donc le plan de guerre mais ça ne marche pas encore à tout les coups. La solution finale, un algicide, pour être clair. Mais les algicides du commerce ce sont des inhibiteurs de photosynthèse, donc absolument pas indiqué pour la vie des plantes, ce n’est donc pas ce qu’il nous faut.


Il existe certaines plantes qui produisent des substances anti-algues, étonnant !
Une de ces plantes s’appelle Ceratophyllum demersum. Voir l’article sur l’allélopathie sur le site optimal.

 

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Petite cuve qui surplombe le bac principal

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Bac principal

Me rappelant des ces bonnes paroles, j’ai alors construit un second petit bac rempli de Ceratophyllum, éclairé en permanence le plus possible et alimenté en eau par le bac principal par une petite pompe. L’idée n’est pas nouvelle mais il faut avant tout avoir la place pour le faire et surtout ce n’est pas très esthétique. On peut appeler ça un dénitrateur à plantes. Je m’en sert pour baisser le taux de nitrates de mon bac de Cichlides du Malawi qui comme chacun le sais est un milieu assez pauvre en plantes. Depuis cette installation, la concentration de nitrates est tombée de 40-50 à 5-10 mg/l. Pour les bricoleurs, ce système pourrait être assez facilement adapté à un filtre externe qui pourrait contenir dans un compartiment des plantes et un éclairage. Et pour les plus fainéants, il existe même dans le commerce des modèles tout fait, chez Tunze pour ne pas faire de pub.

Si certains doutes persistent ou si des questions vous passent par la tête, n’hésitez pas à m’écrire. C’est en échangeant nos idées qu’on apprend à se sortir de ces situations. J’espère que cet article aura redonné un peu d’espoir à certain.

Olivier

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